Pourquoi je jeûne ?

Voilà bien longtemps que je fais des cures de jeûne, en toute discrétion. J’arrive maintenant, progressivement, à en parler. Témoigner de cette pratique qui relève de l’intime me paraît plus difficile que de la mettre… en pratique.

Cette année, j’ai le courage de partager mon expérience sur Instagram et Facebook. Je me sens prête à assumer cette expérience publiquement, malgré son caractère très personnel et qui procède d’un retour sur soi, d’une intériorisation.

J’ai une expérience assez longue de ces cures. J’ai commencé par jeûner 24h, lors de la pleine lune, puis j’ai ajouté celui de la nouvelle lune. J’ai renouvelé cette expérience pendant plusieurs mois. J’ai commencé pour la première fois en 1998.

Je pensais alors que le fait de jeûner 24h tout en étant en activité ne me faisait pas prendre de risques. Jeûner trop longtemps me semblait risqué. J’épousais les a priori qui perdurent encore aujourd’hui. Pourtant, le réel bien-être que je ressentais m’a invitée à me documenter sur cette pratique (voir la liste des ouvrages en fin de récit). Ces lectures témoignent et confirment le changement ressenti et évoquent quelque chose d’exceptionnel pour les jeûnes de 7 jours et plus.

J’ai poursuivi mes recherches et me suis informée sur les conditions à mettre en œuvre pour m’engager sur des cures plus longues (comment ?, pourquoi ? et quand ?). J’ai pu me documenter sur les ressentis et les réactions du corps lors de ces séquences plus longues et sur les recommandations à suivre pour éviter tout désagrément.

Ces lectures m’ont, à la fois, confortée dans ma détermination à tenter et déterminée à m’engager dans un jeûne plus long de sept jours en réunissant les conditions nécessaires.

(Ne pas devoir préparer à manger pour des membres de la famille, avoir un frigo vide de nourriture, avoir une réserve de jus de fruits et jus de légumes bio, être en congé afin d’être libérer de toutes contraintes d’horaires, prévoir quelques livres choisis pour l’occasion, quelques CD de musique douces…)

Au-delà des conditions ci-dessus, je retiens qu’il faut se mettre à l’écoute de son corps et de suivre son propre rythme. Le seuil à dépasser, qui constitue une réelle difficulté, est celui des trois jours. Si j’ai la patience et la force de franchir ce cap, les bienfaits pour le corps et le bien-être sont extraordinaires.

 

Je tiens toujours un journal pendant mes jeûnes, accompagné d’une courbe de poids, pour garder en mémoire mes ressentis, mes observations, mes réactions et l’évolution de la séquence.

 

Juillet 2012

Je commence mon jeûne le 19 juillet. Depuis trois semaines, j’ai arrêté de boire de l’alcool (même si ma consommation est très modeste). Trois jours avant le début du jeûne, j’arrête les protides animales (finis les œufs et le poisson. Je ne mange plus de viande depuis plusieurs années). Je me contente de légumes cuits, de crudités et de riz nature.

Dès le quatrième jour, j’ai perdu 4 kg (soit 1 kg par jour). Je marche en bord de plage le matin, tôt.

Quelle n’est pas ma surprise le cinquième jour ! J’ai repris 1 kg sans rien manger. Mon journal me rappelle ma réaction du moment : « Je ne sais pas comment cela est possible, je suis allée marcher hier matin… je n’ai pas pris 1kg de muscle !! Je rigole ! ».

En douze jours de cure, je perds 5 kg, puis 6 en dix-huit jours, à 21 jours, je perds 7 kg.

Cette perte n’est pas régulière, je suis restée avec le même poids pendant deux pu trois jours puis j’ai perdu 1kg en 24 heures.

Mon jeûne de juillet 2012, pendant quatre semaines me permet de « déposer » 8,5 kg.

Celui de juillet 2014, d’une durée de 4 semaines me fait perdre 6 kg.

 

 

Cette année, à l’heure où j’écris ces lignes, j’ai déjà perdu 5 kg à mon dix-neuvième jour.

Cela peut paraître vain au regard du fait que je ne mange rien. C’est sur un autre plan que je ressens les bienfaits de ces cures :

Le corps est intelligent, il faut lui faire confiance, surtout lorsque l’on prend soin de lui !

Le bien-être ressenti est incroyable : mon corps est plus léger, mon sommeil est complètement différent, il est peuplé de rêves que je m’empresse de noter dans mon journal. Ce sont des rêves symboliques, mon subconscient évacue des choses, propose des vraies leçons à comprendre et des prises de conscience.

 

Mon acuité intellectuelle est décuplée. Elle bénéficie de toute l’énergie nécessaire à son bon fonctionnement. Nous connaissons tous la baisse de tension après les repas. Le processus de digestion mobilise le flux sanguin au détriment du cerveau. Quand je digère, je ne réfléchis plus… Souvent, au cours de l’année, prisonnière de mes contraintes de travail, il m’arrive de manger parce que je suis fatiguée, énervée ou contrariée. J’interprète ce comportement comme une volonté inconsciente d’ « étouffer » une émotion, pour ne pas avoir à réfléchir.

 

Au cours du jeûne, je sais que ma réflexion et mes pensées vont avoir de la place pour se développer. Je me prévois, alors, des occupations. C’est le temps pour me soulager des contrariétés ou pour faire le deuil d’une relation amoureuse. Je suis plus lucide, mes prises de conscience m’aident à avancer dans ma vie. C’est le temps pour l’intériorisation, la méditation et la lecture. C’est aussi celui de la création, mes idées fusent.

Je suis alors très réceptive et hypersensible. Je me protège en choisissant un environnement calme et en m’accordant de longs moments de solitude.

Mon corps me guide, il prend le temps de s’épurer et de se rénover et mobilise ses forces en conséquence… je lui fais confiance et je l’écoute.

 

 

Forte de ces aventures, j’essaie vraiment de m’accorder ce répit une fois par an.

 

J’ai essayé de jeûner à toutes les saisons, la plus difficile étant, pour moi, l’hiver. J’ai rompu un jeûne entrepris en février, bien avant la fin prévue. Selon le Docteur Lützner, ce n’est pas une période favorable, de plus, je vivais, nerveusement, une période difficile et je ne m’étais pas préservée de mon entourage. En conséquence, j’étais très tendue et peu réceptive au bien-être attendu. Ma résistance à l’alimentation était très faible.

J’ai alors décidé d’interrompre ce jeûne qui doit être un plaisir et non une souffrance. Je n’ai pas pris cette séquence comme un échec mais comme une leçon. C’est la détermination et non l’obstination qui doit présider à ce projet.

 

Si vous souhaitez engager un jeûne seul, il est indispensable de vous documenter correctement pour connaître toutes les réactions possibles de votre corps (maux de tête, vertiges, langue chargée les premiers jours, etc.) et quoi faire pour surmonter ces petits désagréments.

 

Il n’est pas question de prendre des risques. Il s’agit de poser des limites pour soi et cela rassure l’entourage qui, comme nous, est agressé par des idées préconçues, les peurs et les préjugés.

Quelques exemples entendus : « C’est dangereux – On ne peut pas vivre sans manger tous les jours ! – Privé de nourriture pendant une semaine, on meurt ! – Tu vas être carencé ! – Ne te martyrise pas sous prétexte de bien-être ! – Mais tu vas devenir anorexique !… etc. »

 

Les préjugés sont plus difficiles à combattre que s’engager dans un jeûne…

 

Je préfère jeûner seule. J’ai testé une cure de jeûne dans un centre en Suisse et cela ne me convient pas. J’ai besoin de calme et d’isolement pour trouver la force mentale et la volonté de résister aux milliers de fils invisibles que me relient à mes habitudes alimentaires. Je veux être libre de m’allonger ou de sortir et de bouger quand bon me semble. Je souhaite pouvoir me faire des lavements pour éviter les maux de tête sans me sentir observée, même avec bienveillance ( » Tu vas bien ? – Comment te sens-tu ? » ). Je n’ai pas envie de me justifier si je suis un peu lasse.

 

Le jeûne agit à la fois sur le corps et l’esprit : mes émotions peuvent, parfois, refaire surface et j’ai besoin de me livrer seule à une introspection.

 

Paradoxalement, je suis une grande épicurienne et une grande gourmande. Je suis toujours surprise de ma capacité à résister à m’alimenter pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Avoir développé une grande force de caractère et découvert la puissance de ma volonté m’apporte une grande satisfaction.

 

Lorsque le jeûne se poursuit, il m’arrive d’avoir envie de manger, à l’analyse, il s’agit seulement de l’envie d’avoir certaines saveurs en bouche, parfois aussi l’envie de mastiquer des aliments, d’en ressentir la consistance alors que je n’éprouve pas la faim. Alors, je vais vous surprendre, pour compenser ces envies, il m’arrive de feuilleter des livres de cuisine en me projetant après mon jeûne, en me disant : « Humm, lorsque je vais reprendre l’alimentation, je testerai cette recette ! Je pourrai à nouveau goûter à toutes ces saveurs  délicieuses ! ». Je sais c’est surprenant et pourtant cela se renouvelle à chaque fois.

Attention, la reprise de l’alimentation doit se faire très progressivement car il faut remettre en marche toutes les fonctions métaboliques et digestives habituelles. Cette phase réclame autant d’attention que le jeûne lui-même. Mais, là-aussi, les ouvrages sur le jeûne proposent des conseils pour la reprise de l’alimentation.

 

Je suis heureuse de faire un jeûne, parce que je décide toujours que cela ne soit QUE du PLAISIR ! Sinon, je n’en fais pas ! Jamais je ne me force.

Je sais que cela purifie mon corps, augmente mon pouvoir de volonté et mon acuité intellectuelle, c’est aussi un temps d’introspection, un temps pour moi. Lorsque je jeûne, je suis toujours très fière de moi !

 

 

 

*liste de livres que j’ai lu sur le jeûne :

Dr H Lützner-

  • « comment revivre par le jeûne, maigrir, éliminer, se désintoxiquer, le guide du jeûne autonome. »
  • « Fasten, Meditaionsprogramm »
  • « Wie neugeboren durch Fasten »

 

Alain Saury

  • « Régénartion par le jeûne »

 

René Lejeune

  • « Jeûner guérison et fête du corps et de l’esprit ».

 

 

Quelques jours avant le début du jeûne.

Quelques jours après le jeûne de 30 jours, avec -7 kg

 

Texte corrigé par Jacques D.